La cataracte
La cataracte correspond à une opacification progressive du cristallin, la lentille naturelle située à l’intérieur de l’œil. Avec le temps, cette perte de transparence peut entraîner une baisse progressive de la qualité de la vision, une sensation de brouillard visuel, une gêne à la lumière ou encore une diminution des contrastes.
La cataracte sous-capsulaire postérieure
La cataracte liée à l’âge apparaît généralement après 70 ans, mais elle peut aujourd’hui être diagnostiquée plus précocement. Nos yeux sont en effet davantage sollicités au quotidien, notamment par le travail sur écran et les activités nécessitant une vision précise.
Certaines formes de cataracte peuvent toutefois apparaître plus tôt. Elles peuvent notamment être favorisées par un traumatisme oculaire, certaines maladies, certains traitements, une exposition à des radiations ou une exposition importante aux rayons ultraviolets sans protection solaire adaptée.
La cataracte sous-capsulaire postérieure se développe à proximité de la partie arrière du cristallin. Elle peut notamment provoquer une gêne importante à la lumière et une dégradation de la vision, parfois disproportionnée par rapport à l’opacification observée.
Une intervention devenue très courante
La chirurgie de la cataracte est aujourd’hui l’une des interventions chirurgicales les plus pratiquées. En France, plusieurs centaines de milliers d’interventions sont réalisées chaque année.
Les progrès réalisés au cours des dernières décennies ont considérablement amélioré la sécurité et la précision de cette chirurgie. Les protocoles modernes d’asepsie et d’antisepsie, ainsi que l’administration d’un antibiotique directement dans l’œil à la fin de l’intervention, participent à réduire fortement le risque de complications infectieuses.
La chirurgie repose traditionnellement sur la phacoémulsification, une technique utilisant les ultrasons pour fragmenter puis retirer le cristallin devenu opaque. Les technologies évoluent constamment et de nouvelles techniques, notamment les technologies laser, sont développées afin d’améliorer encore la précision de certaines étapes de l’intervention.
La chirurgie réfractive du cristallin
La chirurgie de la cataracte ne concerne pas uniquement les personnes présentant une baisse importante de vision.
Dans certaines situations, une intervention peut être proposée à des patients de plus de 50 ans présentant des défauts réfractifs importants, notamment une forte hypermétropie. Le remplacement du cristallin naturel par un implant intraoculaire adapté peut alors permettre de traiter simultanément l’opacification du cristallin et une partie du défaut visuel.
On parle alors de chirurgie du cristallin à visée réfractive. Le choix de l’implant dépend notamment de l’état de l’œil, des besoins visuels du patient et de ses attentes concernant la vision de loin et de près.
Peut-on ralentir l’apparition de la cataracte ?
L’âge reste le principal facteur associé à l’apparition de la cataracte. Il est toutefois possible d’adopter certaines habitudes favorables à la santé oculaire.
Une alimentation variée et équilibrée, riche en légumes, notamment en légumes verts, ainsi qu’une consommation régulière de poisson permettent d’apporter différents nutriments et antioxydants intéressants pour l’organisme. Le persil constitue également une source intéressante de certains micronutriments.
La protection des yeux contre les rayons ultraviolets est également importante. Le port de lunettes de soleil offrant une protection UV adaptée permet de limiter l’exposition excessive au soleil.
Certains compléments alimentaires contenant notamment des antioxydants et du zinc sont étudiés pour leur potentiel intérêt dans le maintien de la santé du cristallin. Ils ne doivent cependant pas être considérés comme un traitement permettant d’empêcher ou de guérir une cataracte.
Nutrition et évolution de la cataracte
Des recherches se sont intéressées au rôle potentiel de l’alimentation et des compléments alimentaires dans l’évolution de différentes formes de cataracte.
Une étude publiée dans la revue Ophthalmology, menée par le Dr Emily Chew et des chercheurs du National Eye Institute, a notamment comparé un groupe recevant une supplémentation multivitaminée à un groupe placebo.
Les résultats suggèrent qu’une supplémentation adaptée pourrait avoir un effet sur la progression de certaines formes de cataracte, notamment la cataracte nucléaire, mais cet effet n’a pas été retrouvé de manière comparable pour la cataracte sous-capsulaire postérieure.
Ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Une alimentation équilibrée et une bonne hygiène de vie participent à la santé générale et oculaire, mais elles ne remplacent pas le suivi ophtalmologique ni la chirurgie lorsque la cataracte devient suffisamment gênante.
Quand consulter ?
Une consultation ophtalmologique est recommandée en cas de baisse progressive de la vision, de vision brouillée, de difficultés à conduire la nuit, d’éblouissement inhabituel ou de modification fréquente de la correction des lunettes.
Lorsque la cataracte entraîne une gêne significative dans la vie quotidienne, l’ophtalmologiste peut évaluer l’intérêt d’une intervention chirurgicale et proposer la solution la mieux adaptée à chaque patient.